








Inspirée par la façon dont les semences se déplacent, j’ai fabriqué des sténopés à partir de boîtes de 35 mm. Les caméras peuvent se disperser comme des graines transportées par un.e jardinier.ère et déposées sur leur chemin. Les œuvres agissent comme un nouvel assemblage de la ville entre bâti et naturel. J’ai invité mes collègues jardiniers.ères à faire une longue exposition d’un endroit dans notre secteur de travail où il/elle côtoie. La diversité des profils des jardinier.ère.s rend le projet riche et teinte chaque image de leur expérience avec la photographie et leur rapport à la ville. Les seules contraintes que j’ai imposées sont celles du temps d’exposition et des frontières de notre lieu de travail. Le sténopé est fabriqué avec du papier photo sensible sur lequel vient s’inscrire une image au cours d’une exposition de semaines à des mois appelée solargraphies. Une fois terminée, je récupère les cameras afin de fixer la progression de l’image en la numérisant puis l’agrandir en tirages grand format. Elles sont imprimées sur du papier mat, toutes à hauteur de 53 pouces, afin de créer une grande ligne dans l’espace. Les couleurs froides du papier et les traces du soleil sont mises évidences dans cette grande bande paysagère rectangulaire. Les images sélectionnées valorisent un assemblage de lignes aléatoires et de nouvelles dynamiques crées par l’ensemble de l’œuvre. Ce paysage onirique est la somme de l’interaction entre les phénomènes naturels de la matérialité, de la lumière et de la ville. Quelque part ailleurs : les stenopés des jardiniers est mon oeuvre la plus aboutie. Elle allie hasard et rigueur, à travers le processus et le cadre. La vivacité du lieu disparait en raison de la durée de l’enregistrement et de l’aplatissement du temps en une surface.