



















Agnès et Holga est une recherche intuitive et personnelle qui s’est étalée du printemps à la fin de l’automne 2024. Tous les jours, accompagnée de ma fille Agnès et de ma caméra Holga, nous marchions dans les ruelles, au jardin botanique, dans les parcs autour de chez nous. Sans direction précise, nous cherchions les gloires du matin, les cimes d’arbres afin de créer des doubles expositions surprenantes, le scintillement de la lumière, les couleurs, les pleins et les vides. La simplicité et les actions répétitives du quotidien ponctuaient la création foisonnante et stimulante de notre environnement afin de réinventer le temps et l’espace. L’entrelacement de mondes comme les flaques, les saillies, les buissons et la pelouse était devenu une invitation à voyager dans des univers entre la figuration, l’abstraction, le passé et le présent. Cette série tisse un fil invisible entre quatre générations de femmes : Claire ma grand-mère, Cécile ma mère, ma fille et moi. Ce milieu chargé d’histoires familiales participe à la fois à la création de la nouvelle relation entre ma fille et moi et constitue un lieu fertile pour le réimaginer. Un continuum physique et psychique apparaît dans mes photographies, les frontières entre les maisons, les ruelles et les cours s’effritent pour former un grand mouvement dans la planche contact de nos déplacements.
Le thème « dedans-dehors » récurrent dans mon travail se reflète ici par le passage de l’intériorisation de l’extérieur en photographies sur pellicule. Une sorte de reconstruction de mon environnement se crée grâce à l’enchevêtrement des espaces. Je tisse une ligne matrilinéaire des naissances de mère en fille (ma grand-mère et moi, sa fille et ma fille) à travers la représentation de la gloire du matin qui se sème et se ressème dans la toile de mes pensées. Les lieux et les symboles donnent un rythme visuel et créent des lieux de passage.